Chasses Allemandes









D'autres cas Allemands

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C'est l'histoire de la disparition d'un enfant, il s'appelait Antoine, que je recherche depuis treize ans. C'est l'histoire de cette recherche, rendue bien difficile, du fait que jamais l'autorité du pays où Antoine a disparu n'a été de fort bonne composition, pour donner un coup de main. Un pays-voyou a aidé un parent rapteur, et a traîné des pieds pour aider à retrouver un enfant disparu. Ce pays voyou, c'est l'Allemagne. Au cours des années noires, il y avait le Lebensborn; aujourd'hui, il y a le Jugendamt. Ce texte sera aussi le récit de la partie de sa vie qu'Antoine ne connaît pas. La connaîtra-t-il un jour? Rien n'est moins assuré. J'écris à un enfant, pour un enfant, qui s'appelait Antoine Gallez, qui sera bientôt un adulte, et dont je ne connais ni le nom, ni le visage.
16-11-2007
Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article...Rêglements de comptes internes

C’est ma première vraie rencontre avec Madame Lambreth, dont j’ai récemment appris que non, elle n’a pas remplacé Thérèse Della Faye, ainsi que j’avais cru le comprendre : elle était, en réalité, son supérieur hiérarchique. Déjà ça, il me semble que c’est prometteur…

 

J’arrive encore calme, mais tout juste, et empli d’interrogations. Je veux encore croire que l’obstruction, ce sont les Allemands qui la font ; pas les Belges. Je veux bien croire aussi que si l’AC belge est étonnamment lente, c’est à la suite d’une surcharge de travail intolérable et c’est en ce sens que, la première fois que je l’ai rencontré, j’ai parlé au ministre Verwilghen.

 

Mais à l’occasion de cette rencontre entre six yeux, il ne me faudra pas plus de quelques minutes pour comprendre que le problème, avec les Allemands, commence chez Lambreth. Qu’ils soient lents, volontairement lents, qu’ils refusent régulièrement de répondre, qu’ils pratiquent une obstruction systématique, c’est certain. Ils trichent, c’est évident, mais y sont amenés, c’est tout aussi évident, par la complaisance de Madame Lambreth.

 

La tâche numéro un de Lambreth, comme de tous les médiocres de toutes les administrations, c’est de couvrir ses arrières. Alors que je lui explique comment, ayant retrouvé Susan, je parviens pour le moment à la garder dans l’expectative et à la même adresse, mais qu’il faut faire vite pour l’y cueillir, elle cherche la faute, celle qui lui permettrait de ne rien faire, et croit l’avoir trouvée. Avec un sourire vainqueur, elle m’interrompt :

 

-Mais c’est donc vous qui la poussez au déplacement…

 

Je la regarde interloqué. C’est ça, et je l’ai poussée à trafiquer des diplômes, à changer son nom et à kidnapper Antoine, tant qu’on y est… Je réexplique lentement, avec des mots simples, que non, je ne la pousse aucunement au déplacement. Je suis surtout en train de la pousser à rester sur place, à une adresse précise, afin que la police allemande puisse l’y trouver – encore faut-il que l’administration belge fasse suivre l’information que j’ai…

 

Elle n’en démord pas : par mon action, je la pousse à déménager sans laisser d’adresse. Ce n’est pas que Madame Lambreth est stupide ; c’est bien pire : c’est qu’elle ne veut pas savoir.

 

Et par ton inaction, mémère, tu la pousses à quoi, Madame Kamran ? Quelle image donnes tu aux Allemands ?

 

La réunion se termine sans rien de clair, sinon que Lambreth, par toute grande faveur, me promet de signer la lettre demain.

 

Je rentre chez moi profondément insatisfait. J’appelle Sultana, l’oreille compatissante entre toutes, lui raconte mon affaire, puis téléphone à Kinou, qui râle, faisant probablement peur au chien, puis enfin je me décide de contacter Philippe. Et c’est lui qui arrive avec une solution : l’AC n’est pas, il me le répète, que Madame Lambreth. Il ne faut pas imaginer que tous, au sein de l’AC belge, approuvent l’attitude passive, je m’en fichiste, de cette vieille dinde. Pourquoi ne pas m’adresser ailleurs ?

 

Je le fais immédiatement. Ou, plus précisément, je téléphone à cet ailleurs dont Philippe m’a suggéré le nom, le lendemain matin, avec mes doléances et le récit de la dernière réunion au ministère de la Justice.

 

L’ailleurs est une personne de bonne composition, et cette personne est bien embêtée : elle n’imaginait pas que mon affaire traînait encore… Deux secondes de réflexion, réponse franche :

 

-Vous savez que Madame Lambreth a des supérieurs. Notamment un ministre et son cabinet. Pourquoi n’écririez vous pas au cabinet, à l’attention du ministre, pour vous plaindre de la lenteur du traitement de votre dossier, non seulement du fait des Allemands, mais aussi, à votre opinion, motivée, du fait de Madame Lambreth ?

 

Aussitôt suggéré, aussitôt fait. Je prépare une lettre que j’enverrai le lendemain, à l’attention du ministre et de son cabinet, me plaignant de la lenteur mise à traiter l’affaire du rapt d’Antoine.

 

En attendant, et ne sachant pas ce que le « signature demain » de Madame Lambreth voulait vraiment dire, je m’empresse de conférer avec Abigaïl. Nous venons de fermer la parenthèse américaine en expliquant à Madame Kam… pardon, Camran, qu’il lui faudrait tant de pièces justificatives pour son dossier d’immigration – tant elle a voyagé – que ça risque de durer au moins un an de traitement. Juste ce qu’elle ne veut pas.

 

Fort déçue, Susan décide de faire une croix sur l’option américaine, et se retourne vers l’Australie, d’où un certain James Lucas lui a envoyé un petit mot, afin de savoir si son offre postée sur anthroposophie.org est encore d’actualité.

 

L’affaire australienne, James va devoir la faire durer, si c’est possible, jusqu’au moment où les flics allemands frapperont à la porte de la petite dame.

16-11-2007, 05:19:32 PGå

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15-11-2007
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Il y a quelques semaines, l’AC allemande a dû porter à notre connaissance, un peu embarrassée, que Madame Kamran avait disparu sans laisser d’adresse. Enfin, bien entendu, ce n’est pas leur faute, mais ça la fout mal quand même.

 

Dans le même temps, un vent favorable m’a apporté l’information suivante : Susan cherche à se barrer, loin, loin, loin. Ses choix se portent sur l’Australie, le Canada, ou les Etats-Unis. Elle a oublié de parler de la Nouvelle Zélande ; simple distraction de sa part, je suppose, ou ignorance du fait que ce pays existe.

 

En tout cas, comme il est évident que ce n’est pas la police allemande qui retrouvera la fugitive, que ce n’est pas l’AC allemande qui cravachera la police allemande pour qu’elle retrouve la fugitive, et que ce n’est pas l’AC belge qui fera quoi que ce soit pour embêter nos amis Allemands, il faut bien que quelqu’un s’y mette : ce sera donc moi.

 

Tout d’abord, parlons de ce vent favorable dont j’ai signalé l’existence, ici ou là, et clarifions, enfin, l’origine de ce dernier : le vent favorable, c’est internet.

 

Ce que Susan n’a pas encore compris – mais ça viendra bien – c’est que toute publication sur internet peut être lue par n’importe qui, pour autant qu’on sache chercher. Ca tombe bien pour moi : la recherche, ça a été mon boulot, ça reste mon dada.

 

Dans le cas de Susan, cela fait au moins un an que, une fois par semaine, je cherche, systématiquement - que je google, comme on dit maintenant - Susan Camran, aussi bien que Susan Kamran. J’ai le souvenir que ce nom lui plaisait bien et, depuis que j’ai appris qu’il y avait comme une possibilité que le nom d’Antoine ait été tripoté sans qu’on m’en avertisse, je ne doute pas que le nom de Susan aurait pu, lui aussi, subir un nouvel avatar.

 

Un beau matin, enfin, plutôt, un beau midi, alors que j’use de ma pause déjeuner pour faire mes recherches hebdomadaires, je tombe sur une Susan Camran, enseignante dans une école Waldorf probablement, utilisatrice du forum des anthroposophes, en tout cas, qui annonce à la terre entière – et tout particulièrement aux sectateurs de Rudolf Steiner - avoir été dans l’éducation depuis quatorze ans et chercher un emploi comme prof’ d’allemand, de français et d’espagnol, aussi loin que possible de l’Allemagne.

 

Ding dong.

 

Juste au cas où Susan serait capable de lire une adresse ip, je m’abouche avec une amie, Abigaïl,  vivant aux Etats-Unis, afin qu’elle crée, sous une identité tout ce qu’il y a de plus fantaisiste, une adresse de courriel stable, pouvant faire croire à un envoi à partir de Californie.

 

Mise au parfum, Abigaïl décide de jouer la partie avec moi, vu qu’il y en a toujours plus dans deux têtes que dans une seule, comme le disent les gendarmes à cheval de notre beau royaume.

 

Devenue Monsieur Howard Trucmuche, elle lui écrit donc, lui offrant d’analyser son dossier, afin de peut être lui proposer un poste dans la région de San Francisco, et le poisson mord sur le champ : mouih, mon cher Howard, la possibilité de travailler aux Etats-Unis, et plus particulièrement en Californie, ne m’est pas désagréable.

 

Susan envoie donc, par la voie électronique, copie de son curriculum vitae, de sa carte d’identité, de ses diplômes allemands et de leur traduction en anglais, faite par deux traducteurs jurés différents.

 

Tout cela accompagné d’une lettre de motivation qui  permet à Howard de s’extasier devant le calibre de sa candidature.

 

A vrai dire, je n’ai pas besoin de quoi que ce soit de plus, concernant Susan. J’ai son adresse et son numéro de téléphone, donc, l’adresse et le numéro de téléphone d’Antoine. J’ai une copie d’une carte d’identité avec un nouveau nom. J’ai, pour couronner le tout, la preuve qu’elle a trafiqué des diplômes officiels dans le but d’obtenir un emploi pour lequel elle n’est aucunement formée.

 

Je vérifie : Susan est effectivement enseignante à l’école Rudolf Steiner d’Oberursel, dans la grande banlieue de Francfort… Mais enfin, pour être engagée, elle a dû présenter des diplômes, des références… ils ne vérifient jamais rien, ces crétins de la Waldorfschule ? Visiblement non.

 

Ou alors, ils emploient les gens sur leur mine.

 

Ou encore, c’est la sœur jumelle d’Yvonne Kreuchner qui tient la boite. 

 

Enfin non, c’est une certaine Angela Hahn. Mariée, et née Kreuchner ?

 

En tout cas, quand, par acquis de conscience, ou pour me faire plaisir – allons ; soyons honnête : pour me faire plaisir, avant tout - je vais aux renseignements, auprès des universités de Francfort (département d’éducation) et de Giessen (département de psychologie), avec copie des deux certificats allemands que Susan nous a envoyés, la réponse vient vite : ce sont des faux. Il n’y a jamais eu de Susan Kamran, ou Camran, inscrite comme étudiante à Francfort et, côté Giessen, le certificat est signé par un professeur parti à la retraite quatre ans avant la date indiquée sur le document.

 

Les traductions, quant à elles, sont des vraies : il fallait bien qu’il y eut un document sérieux dans le fatras…

 

Dès la réception du CV, j’ai contacté l’autorité centrale belge, dans le but de faire passer l’information aux Allemands, concernant l’adresse et le numéro de téléphone de Madame Kamran, l’introuvable Madame Kamran, ou Camran.

 

D’un côté, je dois garder Susan dans l’eau tiède aussi longtemps qu’il est possible, de l’autre, nos échanges de courriels ne peuvent pas durer éternellement. Je rappelle donc l’AC belge, au bout d’une semaine, vu ce qui me semble être une urgence. Ce n’est pas tous les jours que j’ai la possibilité de coincer Susan, et si elle se méfie, elle déménagera. Si les Allemands prétendent ne pas pouvoir la trouver, quand donc aurai-je une nouvelle opportunité de la tracer et de tracer Antoine ?

 

Au bout d’une semaine, disais-je, j’appelle donc, pour savoir si l’information a été donnée aux Allemands ; Madame Borcy m’annonce, gênée, que la lettre informant l’AC allemande de la nouvelle adresse de Madame Kamran… ou Camran… attend la signature de Madame Lambreth.

 

Le moins que l’on puisse dire, c’est que j’ai été, jusqu’à ce jour, patient. Là, je la trouve saumâtre et j’explose.

 

J’exige une rencontre sur le champ. Madame Borcy promet de s’en occuper, et de me rappeler dans l’heure.

 

Quand elle me rappelle, moins d’une heure plus tard, c’est pour m’annoncer que nous nous verrons, elle, Lambreth et moi, le surlendemain.

15-11-2007, 13:55:09 PGå

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14-11-2007
Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article...La valse des noms

C’est alors qu’on m’explique que la loi de 1991 est, systématiquement, utilisée d’une manière on ne peut plus large : ainsi, une mère divorcée qui a deux enfants déjà rebaptisés Kamran a tout à fait le droit, par extension, de faire nommer le petit demi-frère, Kamran. Comme ça, l’enfant ne se sent pas étranger à la famille non recomposée.

 

Bref, la loi, créée avec des limites qui ont peut-être bien une raison d’être, cette loi n’est aucunement respectée. L’intention du législateur est jetée aux orties ; on en revient, somme toute, à la loi de 1938, moins son deuxième décret d’application.

 

Devant mes respectueuses protestations, ils admettent bien volontiers que, à la lecture du dossier constitué par Madame Kamran, on voit bien que le changement de nom fera surtout du bien à la Mère et que le Kindeswohl a, ici, bon dos.

 

Mais puisqu’elle dit elle-même que cela fera le bonheur de l’enfant, on ne va pas chipoter. Que croyez vous ? Que nous allons remettre en cause la parole d’un citoyen du Reich ?

 

Non, ça, ils ne le disent, ni même, à ce moment là, ne le pensent. Ils sont tous parfaitement conscients que l’employée absente a fait une grosse boulette. Leur boulot, maintenant, est de tout faire, à l’occasion de cette réunion, pour que je ne porte pas plainte ; pour que le service du Stadtamt de Francfort n’ait pas l’air ridicule.

 

Yvonne, cette brave Yvonne Kreuschner, est celle qui a fait la connerie, qui a fait confiance à un dossier foireux, avec des mensonges gros comme une maison et une pièce trafiquée pire qu’une lettre manuscrite de la main de Vercingétorix, vu que la tricheuse était, tout comme elle, cette brave Yvonne, une Femme et une Allemande.

 

Et une conne.

 

Le problème du service dans lequel Madame Kreuschner travaille, c’est qu’on ne l’a pas contrôlée, cette cruche. L’Oberinspektorin Sigrid Brandt se sent mal. Son chef n’est pas mieux.

 

-Oui, donc, on disait, la loi de 1991 est interprétée de manière particulièrement large. C’est l’usage. Et comme, dans ce cas précis, on ne parvenait pas à vous joindre…

 

-Oui, donc, je vous rappelle que le document sur lequel Madame Kamran a basé son dossier, et Madame Kreuschner a basé ses « recherches » est un faux grossier. Les efforts que Madame Kreuschner a pu faire pour me localiser sont risibles. Je suppose d’ailleurs que c’est pour cela qu’elle n’est pas à cette table aujourd’hui. J’habite à la même adresse depuis dix ans.

 

Il y a une ambassade de Belgique, en Allemagne ; il y a même un consulat de Belgique à Francfort – à moins de deux cents mètres d’ici. Contacter l’ambassade de Belgique, ça ne lui est pas venu à l’idée, à votre Madame Kreuschner ?

 

-Bien entendu, l’affaire est désolante mais, comme on vous le disait, ça ne vaut pas la peine de faire appel – quoique vous soyez, de toute évidence, en droit de le faire : en effet, si vous faites appel, le juge vous donnera tort : dans l’optique allemande, il sera considéré comme sain pour l’enfant qu’il porte le nom de sa mère, afin de créer un lien familial, vous voyez…

 

-Déjà le psy et le juge, lors du divorce, considéraient le lien existant, entre mère et enfant, comme profondément malsain. Vous êtes psychologue ?

 

-Non, mais des psychologues allemands ont été impliqués dans la mise en place de cette loi. Ce sont des spécialistes ; ce sont les psychologues qui ont déterminé la nécessité pour l’enfant de porter le nom du parent avec lequel ils vivent.

 

-Même si c’est une tarée qui a kidnappé un enfant ? Même si vous appliquez la loi d’une manière qui n’a rien à voir avec la volonté du législateur ?

 

-Oui, enfin non… Mais bon, ce cas de votre fils, Antoine, c’est un cas un peu inhabituel, n’est-ce pas…

 

Ah, oui, c’est un cas inhabituel. Visiblement, ce n’est pas ainsi que je vais arriver à quelque chose. Je sors alors mon arme secrète : j’ai une photocopie récente de la carte d’identité de Susan. Elle ne s’appelle plus Susan Kamran, mais Susan Camran.

 

Alors, le coup de changer le nom d’Antoine de Gallez en Kamran pour qu’il ait un lien encore renforcé avec la mère, qui porte encore un autre nom… Mes interlocuteurs accusent le coup.

 

-Bon, effectivement, alors, le changement de nom n’aurait pas beaucoup de sens, mais ce qui est fait est fait et…

 

-Merci de vérifier et de me revenir.

 

On ne va pas continuer à tourner ainsi en rond. Ils ne veulent surtout pas de remous, et j’en veux de gros. Pour les obtenir, rien de mieux qu’une bonne accumulation de crimes et délits. Ca tombe bien, j’ai un nouveau dossier bien plein de trucs et de machins, qui devraient embarrasser un peu tout le monde. Si, avec cela, je n’obtiens pas, dans les plus bref délais, le retour à la situation originale, alors, c’est que rien n’y fera.

 

Quant à ce changement de nom de Susan, de Kamran en Camran, il y a deux possibilités : soit Susan a vraiment changé de nom, de la manière la plus légale qui soit, et le changement de nom d’Antoine est alors encore plus parfaitement ridicule ; soit elle a trafiqué un document pour obtenir son changement de nom, et je ne vois pas pourquoi il faudrait qu’on donne à Antoine le nom d’une délinquante qui trafique des documents de manière compulsive.

 

Comme ils voient bien que je ne laisserai pas le morceau, et que le coup imprévu de Camran les a un tantinet désarçonnés, la réunion se termine en small talk, alors qu’ils ont promis juré d’aller faire les vérifications nécessaires.

 

A un moment, nous parlons du fait qu’en sortant du bureau, j’irai directement au premier commissariat de la police de Francfort, pour porter plainte contre Susan pour faux et usage de faux. Et aussi contre Sam Kamran, le fils ainé de Susan, pour menaces de mort.

 

Blank voit bien que, de toute manière, le dossier Kamran/Camran est en route ; mieux vaut finalement collaborer et je ne suis pas tout à fait certain qu’il y soit hostile.

 

Comme de normale, la question qui a porté, sur Blank du moins, est : et si c’était votre enfant ? 

 

Ah, là, vu sa tête, de toute évidence, la loi de 1991 était soudain moins jolie et son application large, moins pertinente. Pour l’Oberinspektorin, par contre… comme, en tant que Deutsche Mutti,  son enfant serait, de toute manière, sa propriété exclusive, elle ne voyait pas le problème.

 

Pour en revenir à Blank, et à notre small talk de fin de réunion, le coup des menaces de mort l’intrigue ; il pose la question ; j’y réponds : j’ai, il y a quinze jours, reçu un coup de téléphone vers les une heure du matin, de Sam Kamran, le demi-frère d’Antoine, me promettant une mort on ne peut plus pénible si j’avais le culot d’encore chercher mon fils. Le jeune Sam se proposait de venir à Bruxelles avec un des Yougoslaves et de me faire battre à mort devant ma porte.

 

Menaces de mort ; usage de main d’œuvre immigrée au noir : aucune raison de laisser passer cela. Pour le bien de la Communauté Européenne, je suis, par principe, hostile à l’importation de travailleurs hors CE. Des plombiers Polonais, d’accord ; des tueurs Yougoslaves, non. Sam Kamran aurait d’excellents nouveaux Allemands, d’origine albanaise ou turque, ou des Allemands de souche et tatoués, qui feraient certainement tout aussi bien le boulot.

 

Blank opine, mais rit jaune.

 

14-11-2007, 07:40:32 PGå

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