Chasses Allemandes









D'autres cas Allemands

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C'est l'histoire de la disparition d'un enfant, il s'appelait Antoine, que je recherche depuis treize ans. C'est l'histoire de cette recherche, rendue bien difficile, du fait que jamais l'autorité du pays où Antoine a disparu n'a été de fort bonne composition, pour donner un coup de main. Un pays-voyou a aidé un parent rapteur, et a traîné des pieds pour aider à retrouver un enfant disparu. Ce pays voyou, c'est l'Allemagne. Au cours des années noires, il y avait le Lebensborn; aujourd'hui, il y a le Jugendamt. Ce texte sera aussi le récit de la partie de sa vie qu'Antoine ne connaît pas. La connaîtra-t-il un jour? Rien n'est moins assuré. J'écris à un enfant, pour un enfant, qui s'appelait Antoine Gallez, qui sera bientôt un adulte, et dont je ne connais ni le nom, ni le visage.
04-11-2007
Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article...Et pendant ce temps là, au Parlement Européen...

Parlant d’Union Européenne, Philippe Paquay m’introduit aussi au monde des eurocrates, tout particulièrement à une jeune femme Irlandaise, Clodagh, secrétaire de Mary Banotti.

 

Banotti, à l’époque, est la médiatrice nommée par l’UE, pour s’occuper d’un problème, dont on commence à subodorer qu’il devient de plus en plus aigu : celui de la collaboration entre les appareils juridiques européens, dès qu’il s’agit de réprimer les déplacements illicites d’enfants – lire : les rapts - à l’intérieur de l’espace Schengen, à l’intérieur de l’Union.

 

Banotti est connue, au Parlement Européen, pour être le député qui s’endort pendant les réunions, en ronflant fort.

 

Vu que les députés sont de grands enfants, dès que Banotti s’assoupit, ses petits camarades lui font des farces dont les plus innocentes sont de la prendre en photo, de lui mettre son dossier à l’envers, de lui cacher ses lunettes ou de lui chaparder ses chaussures.

 

Maintenant, vous savez à quoi vous payez vos députés européens.

 

Heureusement pour moi, pour nous, aux côtés de Banotti, il y a Clodagh ; et Banotti est toujours prête à écouter ladite Clodagh. Philippe me présente donc à Clodagh. Nous sympathisons, dînons chez l’un, chez l’autre, j’apprends le coup des chaussures de Banotti cachées par ses petits camarades ; je lui raconte les petits scandales de la politique belge.

 

Nous avons aussi l’occasion de parler bizness ensemble et j’apprends alors, par l’intermédiaire d’une personne informée, que l’Allemagne représente un réel problème en Europe. Les cas allemands pleuvent sur le bureau de Banotti.

 

C’en est au point auquel Clodagh, après quelques mois, est en train de suggérer à Banotti d’envoyer une demande d’information auprès du Ministre de la Justice allemand, et Banotti prête une oreille favorable à cette suggestion. Le problème est maintenant de trouver des cas tout à fait récents, particulièrement criants, documentés de la manière la plus construite possible.

 

Clodagh a eu amplement le temps de prendre connaissance de l’affaire d’Antoine et, ça tombe bien, à son opinion, mon dossier est parfaitement construit, absolument complet et, toujours selon Clodagh, fait partie des plus scandaleux qu’elle ait eu l’occasion de parcourir ces derniers temps. Elle le montre à Banotti qui, à son tour, opine du chef : le dossier d’Antoine fera partie du paquet sur lequel elle ira se renseigner auprès du ministre.

 

L’affaire s’emmanche donc et, deux mois plus tard, Mary Banotti envoie une lettre au ministre Allemand de la Justice. Dans cette lettre, Banotti prie le ministre de donner son point de vue concernant un certain nombre de cas qu’elle a épinglés, qui semblent démontrer, de la part des autorités allemandes, un manque coupable de respect de la réglementation européenne, pour ne pas dire, de la plus simple équité, et une partialité révoltante à l’égard du criminel, quand il est Allemand et qu’il lèse les intérêts d’un étranger.

 

La lettre fait trois pages et est accompagnée d’un épais classeur, rempli de pièces justificatives.

 

Un mois plus tard, Banotti envoie un rappel.

 

Un mois plus tard encore, elle envoie un deuxième rappel.

 

Un mois après, Mary Banotti contacte un bon copain qu’elle a à l’Europe, comme on dit,  président de la représentation allemande à l’Europe – du gros calibre - pour qu’il intervienne auprès de Chancelier Schröder, afin que ce dernier, lui-même, prie son ministre de répondre à la lettre envoyée.

 

Elle en profite, de son côté, pour prier Clodagh d’envoyer un troisième rappel.

 

Miracle, la réponse arrive enfin, écrite non pas de la blanche main du ministre, mais de l’un de ses sous-fifres chargé tout particulièrement de la politique familiale au ministère de la justice. C’est une longue lettre écrite en allemand et accompagnée d’une traduction de courtoisie en anglais.

 

Pour résumer, en quatre mots, le fond de la réponse du sous-ministre de la Justice à Mary Banotti, on pourrait le dire ainsi :

 

fais pas chier, connasse.

 

Si l’on tient à faire plus long, on pourrait résumer cette même lettre en cinq mots ; mais ce ne serait guères plus aimable :

 

tes conneries, on s’en tape.

 

L’Europe est encore un nain politique.

 

Comme on pouvait l’imaginer, Mary Banotti n’est pas entièrement satisfaite par cette réponse. Elle répond, priant le ministre de reprendre sa lettre en considération et lui signale qu’elle attend une réponse - circonstanciée, cette fois-ci. Le ministre fait son calcul, je suppose, et note que les élections européennes sont dans six mois, que Banotti ne se représentera pas, et qu’il peut donc faire lanterner son honorable correspondante.

 

Il ne répond donc pas mais, j’imagine, signale quand même aux copains en charge de l’Europe que, dès que le nouveau Parlement se mettra en place, il serait bon de faire nommer, à la place jusqu’alors occupée par Mary Banotti, une personne qui ne viendra pas l’enquiquiner.

 

Six mois plus tard, et malgré de nombreux rappels de la part de Banotti, il n’a donc pas répondu, les élections ont eu lieu, les nouveaux bureaux se sont mis en place et j’apprends, un beau matin, que la personne qui remplace Mary Banotti, au poste de médiatrice, est un député allemand du SDP: Evelyne Gebhardt.

 

Evelyne Gebhardt, je la connais déjà. Je n’ai aucun bien à en dire. Elle et moi sommes apparus dans une même émission de l’ARD – l’ARD est l’une des grandes chaine d’état allemandes – émission consacrée aux rapts parentaux vers l’Allemagne et au manque coupable de réaction de l’autorité allemande, quand le parent rapteur est Allemand et l’autre, pas. L’émission était entièrement consacrée à mon cas et Gebhardt, interviouvée par les journalistes à propos du manque de collaboration des Allemands, dans ce domaine, répondait avec un grand sourire, qu’elle s’efforçait de rendre télégénique, qu’il était trop tôt pour s’intéresser à ce genre de situation.

 

Et c’est elle qu’on nomme au poste de Banotti…

 

Gageons que si elle a réclamé, et obtenu, ce poste, ce n’est pas innocent. Gageons que sa fidélité nationale et socialiste va faire qu’elle ne bougera pas d’un pouce. Devenu un peu sadique, avec le temps, je me mets à l’asticoter.

 

Au bout de six mois, je serai devenu sa bête noire.

04-11-2007, 07:41:29 PGå

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02-11-2007
Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article...Manif devant chez le Sire et la Sirène

Dans l’entre temps, des choses se passent. Désespéré ou, pour le moins, désorienté par l’incroyable lenteur des procédures, je suis resté en contact avec l’un ou l’autre, et Philippe Paquay est devenu, certainement, un ami proche, sinon un ami. A une époque où je commence à me poser de sérieuses questions sur les possibilités qui me restent vraiment de revoir un jour Antoine, il n’hésite pas à me sacrifier des heures à essayer de me remonter le moral, au téléphone.

 

C’est lui qui me propose un jour d’accompagner Sultana Kouhmane et ses petits camarades à l’une de ses petites sauteries dont je me rendrai compte, par la suite, qu’elles font tellement plaisir aux autorités. Les grands esprits se rencontrent : le lendemain, c’est Kinou qui m’appelle, afin de me proposer la même activité vespérale. Vu que Kinou et moi-même habitons à deux pas l’un de l’autre, nous y irons ensemble, dans ma vieille BX qui commence à tirer la langue.

 

C’est ainsi que le surlendemain soir, nous nous retrouvons, Kinou, Philippe, Sultana et une vingtaine d’autres parents, devant les grilles du palais royal de Laeken, pour fêter une occasion familiale chère au cœur de nos souverains.

 

Il s’agit de la journée du 25 mai, dédiée aux enfants disparus.

 

Cela devrait faire plaisir à Leurs Majestés, qui sont très portés sur la Famille ; la Reine est, elle-même, présidente honoraire, comme on dit, de l’ICMEC, l’organisation internationale consacrée aux enfants disparus. On s’attendrait à ce qu’Albert II et Madame, suivis des enfants, beaux enfants et petits enfants, se précipitent aux grilles du palais pour nous inviter à prendre un verre avec eux – ou, du moins, qu’ils envoient un valet à la porte pour nous transmettre l’invitation.

 

Bernique : moins de dix minutes plus tard, c’est la maréchaussée qui arrive en nombre. Trois camionnettes et six voitures de patrouille.

 

Voyons les chiffres : vingt cinq manifestants du genre calme, cinq journalistes, trente pandores.

 

Nous avions allumé des bougies, en souvenir de nos enfants disparus, devant les grilles du château de Laeken : la police nous prie de les éteindre, de les reprendre et de nous éloigner de dix mètres des grilles du palais. Nous obtempérons, non sans avoir d’abord prié l’un des sergents de ville de prendre une photo de notre groupe, devant la grande porte, avec l’appareil que leur tend Pierre – un père dont les gosses ont été kidnappés vers Chypre.

 

Les flics, pas mauvais bougres, nous rendent ce service, une fois qu’on leur a rejuré, repromis, recraché sur la tête de nos vieilles mères malades respectives que, dès la photo prise, on s’éloignait des dix mètres requis. Soulagé par notre attitude coopérative, celui qui a pris l’appareil – c’est un chef – tire plusieurs clichés, « pour être certain qu’il y en aura au moins deux ou trois de bonnes »,  avant de rendre son appareil à Pierre.

 

Ensuite, interviouves de Sultana, de l’un, de l’autre avec les journalistes, pendant que la maréchaussée continue à nous observer dans la distance – à dix mètres, quoi. Comme on leur a promis qu’on ne retournerait pas jusqu’aux grilles, la moitié de la troupe a été envoyée à d’autres missions ; les voitures sont parties sur un petit coup de klaxon amical, adressé aux collègues ou aux manifestants, je ne sais pas. Restent deux camionnettes et leurs passagers.

 

Quant à moi, je suis venu davantage pour faire nombre que pour autre chose. Bah, c’est toute l’idée d’une manifestation, n’est-ce pas : faire nombre. De toute manière, j’imagine bien que ce n’est pas lors de ce genre d’occasion qu’un problème se résout.  Sans compter que, décidément, ni Albert II, ni la famille, ne font mine de venir à la grille nous dire bonjour.

 

J’écoute avec attention ce qui est dit, par qui. Je vais d’un groupe à l’autre, entend les déclarations et les histoires de chacun. Une chose à dire en faveur des journalistes présents : ils nous ont à la bonne et essaient, de la manière la plus louable qui soit, de présenter ces affaires de rapts de manière claire et complète, et d’amener les autorités à faire face à leurs responsabilités.

 

Ainsi, le fait que Child Focus ne s’intéresse pas au dossier des enfants raptés parce que nos enfants n’ont pas disparu et qu’on sait parfaitement où ils se trouvent – ou, du moins, avec qui - c’est quelque chose qui les interpelle.

 

C’est, en réalité, la deuxième fois que je suis présent lors d’une action de sosraptsparentaux, et c’est la deuxième fois que je dois remarquer le remarquable entregent de Sultana qui est parvenue, au fur et à mesure des années, à dépasser son combat personnel, à dépasser même celui qui la concernerait le plus immédiatement – les affaires marocaines – et à s’intéresser au phénomène du rapt d’enfants, dans le cadre des couples binationaux.

 

Elle est, de ce fait, devenue on ne peut plus crédible. Pour elle, les télévisions et les radios se déplacent toujours : on sait qu’elle a quelque chose à dire, que ce qu’elle a à dire est à la fois important et vrai, et qu’elle est en mesure de le dire avec originalité, auprès de gens qui devraient l’écouter et auxquels elle force la main.

 

Quant à celles et ceux qui entourent Sultana… je dois d’abord dire qu’il n’y a pas les celles que j’attendais. Lors de mes premières recherches sur le net, quand j’étais tombé sur son nom, j’avais hésité à lui téléphoner. Je craignais une harpie revancharde et, autour d’elle, m’attendais à une kyrielle de mères sottes et geignardes, dont les enfants avaient disparus vers le Maghreb.

 

Si, effectivement, dans le groupe des habitués, dans la garde rapprochée de Sultana, dont j’aurai bientôt le plaisir de faire partie, il y a deux ou trois « affaires maghrébines », la plupart des cas dont elle essaie de s’occuper sont bien des cas intra européens.

 

Quant à l’image que je me faisais de son groupe, composé de cruches gémissantes, ou amères, rien n’est plus loin de la réalité. Des quidams des deux sexes, à l’humour usuellement grinçant ; rien qui puisse me déplaire : ce sont elles et eux qui, à la longue, me feront comprendre qu’il existe une vie après le crime, que la disparition de nos enfants ne doit jamais empêcher que nous pensions à demain.

 

Sultana que j’apprendrai, peu à peu, à non seulement découvrir, mais de plus à apprécier, beaucoup, Sultana, donc, a depuis longtemps abandonné les actions visant un pays particulier. Elle se focalise, très justement, sur la nécessaire pression que nous devons mettre sur nos autorités à nous qui, face au Maroc, à la Suède, à la Turquie ou au Liechtenstein, ne font rien, ou pas grand-chose.

 

Trop d’intérêts, financiers ou commerciaux, sont en jeu, voyez vous…

 

Sultana, qui a commencé comme chacun de nous, les parents dont un enfant a disparu, par le petit bout de la lorgnette – d’abord s’interrogeant sur la stupidité de l’ex’ ; puis sur l’étrange mansuétude au rapt des autorités étrangères, prenant fait et cause pour le kidnappeur qui a la bonne nationalité ; puis, enfin, sur l’étrange manque de réaction des autorités belges – Sultana, donc, s’est rendue compte qu’il fallait commencer par travailler, quitte à faire dans l’international, dans le cadre européen.

 

Elle s’est aussi rendue compte qu’il faut mettre la pression, non pas sur le pays refuge, qui ne force en rien le rapteur à retourner l’enfant, mais sur le pays d’où l’enfant victime a été rapté, et dont les autorités ne bougent pas, ou si peu, si peu...

 

En effet, les pays qui n’ont pas signé la convention de La Haye et qui ne sont pas européens rient au nez des autorités centrales européennes vertueuses – il y en a – quand on vient leur réclamer un enfant, au nom d’on ne sait quel droit, d’on ne sait quelle justice, d’on ne sait quelle équité. Un ministre marocain, algérien ou colombien aura beau jeu de répondre à l’AC belge, par exemple, venue, traînant les pieds, réclamer le retour d’un enfant en Belgique :

 

-Sur quoi fondez-vous votre demande ?

 

La convention de La Haye ? Nous ne l’avons pas signée.

 

Le règlement Bruxelles II bis ? Nous ne faisons pas partie de l’Union Européenne.

 

De plus, vous n’êtes pas fichus de l’appliquer correctement, ce règlement.

 

Quant à la convention de La Haye, elle n’a jamais été autre chose, entre pays d’Europe, qu’un vœu pieux. Une coquille vide.

 

Et vous voudriez que nous lésions l’un de nos ressortissants, sur base de textes que vous n’appliquez pas vous-même ?

 

Merci d’arrêter la plaisanterie.

 

Bon, la réponse est peut-être un peu moins brutale dans sa forme, mais c’est bien cela qui est, pour le fond, répondu à l’AC belge.

 

Sultana en est arrivée à estimer que c’est seulement le jour où les Européens seront vertueux entre eux qu’ils pourront réclamer haut et fort cette même vertu des pays non européens ; c’est seulement le jour où l’Europe sera vertueuse qu’elle pourra être unie, dans ce domaine, et que d’autres pays seront poussés, à leur tour, à la vertu.

 

De ce fait, commençant par le commencement, Sultana a découvert l’adresse du ministre belge, a glissé le pied dans un jour de porte et le garde fermement là où il est, pendant que le ministre fait tout son possible pour fermer la porte en question.

 

L’étape suivante, ce sera l’Union Européenne – mais nous n’en sommes pas encore là.

 

02-11-2007, 09:36:48 PGå

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01-11-2007
Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article...Mais ou et donc or ni car???

Une matinée de recherche sur l’internet me permet, tout d’abord, de rectifier l’adresse erronée qui nous a été refilée par l’AC allemande : à partir du site de la ville de Francfort, je parviens à retrouver un service dont l’intitulé me permet d’imaginer que je suis devant la bonne porte.

 

Il y a une adresse physique, qui n’est pas celle que l’AC allemande nous a donné ; un numéro de téléphone, qui est différent de celui que l’AC allemande nous a donné ; un numéro de télécopie, qui n’a rien à voir avec celui que l’AC allemande nous a donné ; une adresse électronique générale, que l’AC allemande ne nous avait, de toute façon, pas donnée.  Un coup de téléphone, pour vérifier si je suis bien au bon endroit.

 

Bingo.

 

C’est la chose la plus difficile qui soit, dans ces chasses allemandes, de toujours en revenir, dans son expression, à zéro. Chaque serviteur de l’Etat Allemand que j’ai rencontré jusqu’à présent s’est révélé trompeur et mensonger, lâche et tricheur.

 

Mais le prochain peut-être le bon, je ne dois pas préjuger.

 

On est devant son ordinateur ; une grande inspiration, une deuxième, une encore. On se lève, on fait un tour de dix minutes dans le parc à côté ; ou on ouvre Xénophon pour lire quelques pages de l’Anabase ; ou on écoute quelques chansons de Genesis, de Satie ou d’Annie Lennox. Le but, c’est de faire baisser la tension.

 

Dix minutes, dix minutes de changement d’air, de paix et de distraction. Puis, enfin, on peut s’y mettre. Je peux m’y mettre. J’envoie donc ma requête pour informations, concernant un possible et étrange changement du patronyme d’Antoine, en termes mesurés à un cher Monsieur, chère Madame l’anonyme. Je leur donne une semaine.

 

De l’autre côté, pour l’affaire du droit de visite que je réclame, l’Autorité Centrale belge a porté un truc ou deux à ma connaissance. La plus importante est que l’Allemagne est incapable de localiser mon ex’ épouse et mon fils.

 

Antoine est scolarisé – du moins, je l’imagine ; Susan a déclaré vivre de l’aide sociale ; mais l’administration allemande prétend n’être pas capable de les localiser.

 

Les ronds de cuir de l’AC allemande sont des drôles de gens : soit ce sont des ânes, soit ce sont des menteurs ; soit ce sont des crétins, soit ce sont des ordures.

 

Des années plus tard, j’apprendrai que l’Allemagne savait parfaitement où Susan habitait, mais nous le cachait, à l’AC belge et à moi-même. Pourquoi ? Parce que Susan avait déclaré avoir peur de moi. Or, si elle avait peur de moi, c’est qu’elle avait des raisons pour cela. Nous savons tous qu’il n’y a pas de fumée sans feu et que si j’accuse, gratuitement, le Pape d’être danseuse aux Folies Bergères chaque samedi soir, c’est que c’est exact.

 

On peut, ici, en revenir à Gripari, qui écrivait dans l’incipit de l’un de ses récits : l’histoire est entièrement vraie, puisque je l’ai inventée d’un bout à l’autre.

 

Or donc, dans le but de protéger la Mère Sainte et Allemande – pas l’enfant, pour une fois - l’AC allemande ment. Elle me ment à moi - ce qui est sans importance, puisque je ne suis qu’un rien du tout étranger - mais elle ment aussi à ses homologues de l’Union Européenne, alors qu’elle a été créée pour, justement, assurer la collaboration entre justices.

 

Cela devrait être grave et faire pour le moins l’objet d’une remarque entre gouvernements ; mais personne ne bouge alors que tout le monde sait, se contentant de brocarder l’évidente mauvaise foi des autorités allemandes.

 

L’AC allemande, donc, après des mois de silence, doit donner une réponse aux demandes répétées de localisation et de mise en route de la procédure de demande de droit de visite.

 

Ces demandes répétées, je suis toujours derrière. Chaque mois, je viens aux nouvelles chez Madame Borcy. Sa réponse est, systématiquement, que les Allemands n’ont pas répondu et qu’elle va fait le nécessaire. J’appelle alors, quinze jours plus tard, pour apprendre que son rappel est à la signature, chez Madame Lambreth. Systématiquement, je la prie de faire en sorte que le rappel soit signé au plus vite et envoyé aux Allemands. Le document alors parti, un mois plus tard, je reviens à Madame Borcy, pour la prier de relancer les Allemands qui n’ont pas répondu et de recommencer le parcours du combattant qu’est l’obtention de la signature de Lambreth.

 

Au quatrième ou cinquième rappel, soit sept ou huit mois plus tard, les Allemands sont bien forcés d’admettre qu’ils ont retrouvé Madame Kamran, sous peine de passer pour ce qu’ils sont : des branques sans foi ni loi.

 

Je peux donc faire appel aux services d’un avocat, et profite pour reprendre Finger à mon service, vu que, même s’il n’a rien obtenu, ce ne serait pas mieux avec un autre et lui, au moins, connaît l'affaire et me connaît.

 

Mais avant que quoi que ce soit puisse être mis en place, l’AC allemande, soulagée, porte à la connaissance de l’AC belge que Madame Kamran a disparu sans laisser d’adresse, probablement à l’étranger – on parle de l’Espagne.

01-11-2007, 11:57:07 PGå

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Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article...Crétins, ou ordures?

Si la lenteur de l’AC belge m’enrage, j’ai quand même dans l’idée que l’affaire avance, maintenant. Les engrenages tournent moins vite que je ne l’aurais espéré, mais ils tournent quand même. Antoine est au bout du tunnel, et ce tunnel n’est plus si long que cela.

 

Me reste cette affaire de changement de nom d’Antoine, qui continue à me chipoter. Puisqu’il existe une autorité centrale allemande, et puisque l’AC belge m’a clairement expliqué que ce problème d’un éventuel changement de nom n’était pas de leur ressort, j’écris tout uniment au service de l’autorité centrale allemande, service dirigé par un certain Horst Heitland, afin de savoir où exactement je dois m’informer, en ce qui concerne un possible changement de nom de mon fils.

 

Une lettre envoyée par fax, un rappel, deux rappels, des rappels… Il faudra dix neuf mois à l’autorité centrale allemande pour enfin répondre.

 

Dix neuf mois…

 

La raison pour laquelle j’obtiendrai une si prompte réponse, c’est que Madame Borcy va sortir des bornes de ses compétences. Quoi qu’il ne lui soit pas autorisé de se mêler de ce problème qui n’a rien à voir avec kidnapping, droit de visite ou droit de garde, elle voit bien que, rappel après rappel, les employés de l’AC allemande me font courir aux calendes. Le jour où je la prie d’appuyer ma demande, elle prend pitié de moi, je suppose, et accepte d’envoyer un mot, de son côté, sans même passer par Madame Lambreth, concernant le sujet.

 

Miracle, les Allemands lui répondront presque immédiatement.

 

Ils lui répondront pour porter à sa connaissance, comme on dit, que si je veux avoir des renseignements concernant le sujet d’un éventuel changement de nom de mon fils, je dois m’adresser à telle personne, à tel service, à Francfort.

 

A part le fait que l’adresse, ainsi que les numéros de téléphone et de télécopie sont erronés, c’est un grand pas en avant.

 

Mais ces dix neuf mois m’ont permis d’évoluer dans ma perception des choses, et de la manière dont l’AC allemande fonctionne. J’en suis arrivé à une conclusion dont je n’ai jamais eu à m’éloigner depuis : soit les employés de l’autorité centrale allemande sont des crétins, soit ce sont des ordures.

 

Ah, il n’y a pas à dire : s’agissant du rapt binational, comme le disait, avec la plus grande délicatesse, Jean Gautier, des Affaires Etrangères : les Allemands ne sont pas demandeurs.

 

Devant qualifier le statut des employés de l’AC allemande, si je dois choisir entre ordures et crétins, je penche donc pour ordures. Par la suite, j’en arriverai même à la conclusion qu’ils appliquent une consigne - consigne systématique auprès de toutes les administrations allemandes en contact avec les parents étrangers auxquels un Allemand a volé un enfant : jouer aux morts ou, quand cela devient impossible, jouer aux cons.

 

Quand j’étais gosse, j’avais un jour vu la couverture d’un journal satirique, Charlie Hebdo, je crois, sur lequel se trouvait une photo de feu Adolphe Hitler. Le titre ? Quelque chose du genre :

 

 

Hitler retrouvé au Guatémala !

Il déclare aux policiers venus l’arrêter : J’ai obéi aux ordres.

 

 

Bon, je dis Guatémala ; c’était peut être le Paraguay, hein…

 

Mais ce titre, tel que je m’en souviens, me hantera, au fur et à mesure que je rencontre les ronds de cuirs allemands qui, de toute évidence, appliquent la consigne.

 

A l’époque, ce titre de Charlie Hebdo ne m’avait pas particulièrement amusé, vu ma connaissance bien lacunaire de l’Histoire. Mes parents, par contre, avaient ri de bon cœur et m’avaient expliqué pourquoi ce titre était si drôle.

 

Non seulement il représentait, - il représente - d’une manière frappante, tous les médiocres de la terre, depuis que le monde est monde, qui se font un plaisir de nuire quand cela leur est permis mais, de plus, il semble que dans les années d’après guerre, cette excuse était systématiquement utilisée par les petits salopards germaniques qu’on attrapait, après une longue traque, se terminant usuellement quelque part en Amérique du Sud.

 

Cette explication m’avait marqué.

 

Pour en revenir à la réponse de l’AC allemande, à partir des informations partiellement erronées qui nous ont été données, je retrouve un service de la population de Francfort, avec lequel je parviens enfin à entrer en contact.

01-11-2007, 02:37:54 PGå

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31-10-2007
Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article..."Hâtons-nous lentement"...

Dans l’entre temps, j’ai enfin reçu des nouvelles de l’Autorité Centrale belge, côté justice… Si, ainsi que me l’expliquait Philippe Paquay, l’AC est maintenant partagée entre Justice et AE, il est évident que le centre de travail et de décision reste à la justice, ce qui n’est guères pour me rassurer - même si Della Faye est partie.

 

Ca commence cependant pas si mal que ça : je reçois une lettre d’une certaine Florence Borcy qui m’explique qu’après rapide analyse du dossier – enfin, rapide, un mois, quand même – le service en arrive à la conclusion qu’il y a effectivement quelque chose à faire. La convention de La Haye peut être d’application – malheureusement pas en ce qui concerne le rapt, car les délais sont passés, mais dans le but d’obtenir un droit de visite.

 

Pour le coup d’une plainte pour rapt devenue irrecevable, vu les délais, j’hésite à répondre « à qui la faute ». La mienne, certainement, dans une certaine mesure, puisque je ne pouvais même imaginer que la disparition d’Antoine, c’était ça, et que j’ai donc bien tardé à réagir ; celle de la Belgique, par ailleurs, quand je vois, lors de ma première plainte, la lenteur de la réaction de l’autorité Belge ; quand je voir, par ailleurs, le temps pris par la Belgique à signer la convention de La Haye dans sa version remaniée ; quand je vois, enfin, le peu d’information – pardon, l’inexistence de l’information – concernant le rapt parental, que l’autorité belge distribue pour éviter le pire.

 

Bon, faisons contre mauvaise fortune bon cœur : il y a une possibilité de demande de droit de visite, obtenu et garanti par l’Etat. Ca vaut l’emprunt belge, comme je l’imagine. J’ai tort.

 

L’affaire du droit de visite s’engage, pendant que je continue mes recherches concernant le changement de nom possible – non, impossible – d’Antoine. Un bon mois plus tard, n’ayant rien vu venir de la part de l’AC belge, je téléphone à Madame Borcy, pour apprendre que la lettre de demande de droit de visite qu’elle a préparée est, depuis trois semaines, soumise à la signature du chef de département. Une certaine Irène Lambreth.

 

Ah, oui, celle qui a remplacé la bécasse…

 

Sans en arriver à être désagréable, je m’étonne cependant que cette lettre prenne tant de temps à être signée et envoyée. Madame Borcy me promet d’insister pour obtenir la signature au plus vite. Je décide de n’y plus penser, et de remettre le problème à dans deux semaines.

 

Ce que je fais.

 

Deux semaines plus tard, j’en suis à avoir reçu, de la part de Me Finger, l’assurance que l’Allemagne est un pays civilisé et qu’il n’est pas possible que le nom d’Antoine ait été changé comme ça, et je donne un coup de téléphone à Borcy, pour savoir si elle a obtenu la fameuse signature, lui permettant d’envoyer la lettre dans laquelle elle demande l’application de la convention de La Haye, pour un droit de visite.

 

Oui. Elle a reçu le précieux sésame, a envoyé la lettre, et vient de recevoir la réponse de l’AC allemande : à dire en leur faveur, les Allemands ont vite réagi. Leur réponse me semble, à priori, choquante : ils souhaitent savoir si cette demande d’un droit de visite de ma part est une lubie récente, ou bien si je souhaite réellement obtenir un droit de visite. Puis-je leur prouver que je cherche depuis, au moins, quelques temps, à obtenir cette possibilité de revoir Antoine.

 

A la réflexion, aussi insultante que puisse paraître cette demande, j’imagine qu’elle s’explique du fait qu’il y a tant de demandes frivoles, désespérées, ou sans lendemain, que l’administration allemande essaie de déblayer le terrain des affaires inutiles, pour s’occuper de ce qui compte vraiment. Et comme je sais, maintenant, qu’il y a un nombre considérable de cas, j’imagine bien qu’il est un tantinet nécessaire de voir quelles sont les priorités…

 

Rodé au maniement de la photocopieuse, j’envoie donc, tout comme je l’ai fait, une copie de chacune de mes demandes de visite, depuis même avant le divorce. Je joins, à ces dernières, copies de chacune de mes cartes postales physiques, et preuve d’envoi de chacune de mes cartes électroniques. Ca fait un joli petit paquet de plus de cent pages que j’adresse par porteur à Madame Borcy.

 

Vu la manière dont je commence à comprendre comment l’administration allemande fonctionne, j’imagine bien qu’un minimum de cent pages de preuves, ce ne sera pas de trop.

 

J’ajoute, dans ma lettre à Borcy, accompagnant les documents demandés, que si elle estime avoir besoin de davantage de documents, j’en ai d’autres à sa disposition.

 

 Le lendemain, petit coup de téléphone à ladite Madame Borcy, qui me remercie abondamment pour mon envoi et m’assure qu’elle fera au plus vite pour informer les Allemands. Tout comme moi, elle estime que la demande allemande de preuves est à la limite de la correction – ne parlons pas de délicatesse – mais que bon, puisqu’il faut ce qu’il faut, l’envoi des documents que je mets à leur disposition devrait leur prouver, une bonne fois pour toute, que je suis sérieux, et qu’ils devraient s’y mettre.

 

Un mois plus tard, ne recevant pas d’écho, je rappelle Borcy : la lettre qu’elle avait préparée, il y a quatres semaines, pour accompagner mes documents, est soumise à la signature de Madame Lambreth, depuis… vingt huit jours.

 

Mais c’est quoi, cette conne ?

 

Borcy, qui n’en pense probablement pas moins, en attendant, m’assure qu’elle fera son possible pour rappeler à Madame Lambreth l’urgence de la situation et pour la prier d’accorder sa signature au plus vite.

 

Elle ferait mieux.

31-10-2007, 02:52:03 PGå

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29-10-2007
Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article...L'Allemagne est un pays civilisé...

Ce dimanche, après notre petite sauterie chez Kinou, je retourne à la maison et m’assois devant l’ordinateur :   j’envoie à Philippe Paquay mes coordonnées électroniques, afin qu’il puisse me donner le détail des personnes à contacter. Je prépare une télécopie pour mon avocat, afin de lui faire savoir qu’on a eu tort depuis le début, et qu’on aurait dû utiliser un instrument qui s’appelle la convention de La Haye et qui semble bien peu connu en Allemagne.

 

Je parcours, enfin, un  premier texte consacré au fameux syndrome d’aliénation parentale. Paquay m’en a donné les références – on le trouve sur la toile - et me l’a chaudement recommandé. Il s’agit d’un petit mémo, simple et bien fait, écrit par un certain François Podewyn, qui a eu l’honneur et l’avantage de découvrir cette fameuse aliénation aux premières loges, quand sa femme et lui se sont séparés.

 

Ce que je lis me donne des frissons.

 

Et dire que j’ai toujours voulu imaginer qu’un enfant était naturellement heureux chez sa mère… Rousseau a fait beaucoup de mal à notre civilisation.

 

Ce même petit texte existe en version allemande. Dans mon fax remanié, je signale à mon avocat cette fameuse problématique de l’aliénation parentale, et lui donne l’adresse du mémo traduit en allemand. J’en profite pour lui demander s’il ne serait pas opportun, maintenant, une fois cette affaire du nom d’Antoine éclaircie, de lancer une procédure et de redemander un droit de visite, aussi large qu’il sera possible, en signalant le possible danger qui existe pour Antoine, à être manipulé par une vieille dinde hargneuse qui, ne se remettant pas de son enfance, fait tout pour pourrir celle des autres.

 

J’envoie enfin, tard dans la soirée, ayant reçu de Philippe Paquay les coordonnées de ce fameux Mr Gautier, Jean Gautier, des Affaires Etrangères, un fax pour lui expliquer mon problème et pour lui demander de l’aide.

 

Lundi, mardi, se passent. J’appelle, ce mercredi, Gautier. En deux jours, je vais supposer qu’il a eu le temps de recevoir mon fax ainsi que ses annexes, volontairement réduites à leur plus simple expression, histoire de ne pas noyer mon interlocuteur dans les détails, et d’y penser. Dring, il répond. Oui, il a bien reçu mon fax, a déjà pris contact avec le Ministère de la Justice, auquel il a fait suivre, et énonce le seul commentaire franc que j’entendrai, venant de l’Autorité Centrale, jusqu’à ce jour :

 

-Vous devez comprendre que ce sera long et difficile, Monsieur Gallez. Les Allemands ne sont pas demandeurs…

 

Oui, ça, j’en avait déjà comme un soupçon. Mais enfin, même si ce sera long et difficile, ça se fera. Le soulagement est vif pour moi. Six ans plus tard, je veux bien croire que Gautier ne croyait pas si bien dire, quand il me confiait que les Allemands ne sont pas demandeurs.

 

Les grandes manœuvres sont lancées et la balle n’est plus tout à fait dans mon camp. Une semaine plus tard, je reçois copie de la lettre envoyée par Finger à l’avocate de Susan, pour la prier de clarifier cette étrange histoire d’un changement de nom supposé. Quinze jours après, je reçois copie de son rappel.

 

Me Schaar joue la morte et son silence est, pour moi, un aveu.

 

Deuxième rappel de Finger à Schaar : arrive enfin une réponse, dans laquelle Schaar se plaint du fait que je lui envoie des courriers pour Antoine qui n’y tiendrait pas plus que ça ; que je ne paie pas ma pension alimentaire par le canal requis, mais par chèque, lui occasionnant du travail supplémentaire ; que la lettre à Susan qui accompagne le chèque mensuel est tout sauf bienvenue… Manifestement, Schaar ne veut pas répondre.

 

Finger ne voit pas l’intérêt de continuer cet échange de lettre peu productif. Il va faire des recherches dans les gros livres malins qu’il possède à foison et m’envoie par courrier, quelques jours plus tard, le résultat de ses recherches : il est tout simplement impossible qu’on ait changé le nom d’Antoine sans que j’aie été prévenu.

 

La loi de 1991 n’autorise un changement de nom de l’enfant que si la mère gardienne épouse un homme et prend son nom. Dans ce cas, elle peut demander, et obtenir, le changement de patronyme de l’enfant, afin que ce dernier ne se sente pas écarté de la nouvelle famille. Si Susan Kamran avait rencontré - et épousé - un Monsieur Kamran, elle aurait pu demander le changement du nom d’Antoine, de Gallez en Kamran. Outre le fait que cette situation est peu plausible, j’aurais alors dû être convoqué, afin de donner mon point de vue.

 

Bien évidemment, jamais ce dernier n’aurait été pris en considération, mais la forme aurait été sauve, ce qui est l’essentiel, en Allemagne.

 

Une chose reste certaine, dans le chef de Finger : que l’on ait utilisé la loi de 1938 – ce qui serait déjà une énormité juridique – ou celle de 1991, j’aurais dû, impérativement, être informé par le tribunal des intentions de mon ex épouse.

 

Quand je l’appelle, le jour suivant pour obtenir quelques éclaircissements concernant l’un ou l’autre point de sa lettre, il réitère ses conclusions, et termine sur une assurance vibrante d’optimisme :

 

-N’ayez aucune crainte concernant cette affaire. Il y a des choses qui sont, heureusement, tout à fait impossibles en Allemagne. Cette histoire de changement de nom dans votre dos en est une : l’Allemagne est un pays civilisé.

 

Ce l’Allemagne est un pays civilisé, je l’entendrai une deuxième fois, un peu plus de six ans plus tard, dans la bouche du Ministre De Gucht. Ce commentaire me fera alors pouffer de rire – d’où le vif mécontentement De Gucht, Ministre d’Etat, certes, mais surtout mélange entre un petit bourgeois coincé et … un petit bourgeois coincé, peu habitué à ce qu’on lui rie au nez quand il sort une ânerie.

 

Le commentaire de Finger ne me rassurant pas, je cherche à obtenir, sans trop savoir comment, davantage d’informations.

 

29-10-2007, 11:38:50 PGå

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